Récit de course : Le Marathon de New York avec Clément Laborieux

Il y a un peu plus d’un an, Clément Laborieux s'était donné rendez-vous à Chicago pour un duel contre lui-même à l'occasion du mythique marathon. 2 heures, 49 minutes et 38 secondes plus tard, le combat était gagné… Clément est finisher en moins de 2h50 ! Joie, crampes et surtout… un billet pour la plus grande course du monde, le "Marathon de New York 2023" ! Place aux mots de Clément, qui partage avec nous sa course dans la Grande Pomme.

@MTA/Patrick Cashin from Wikimedia

👄 Mise en bouche

Le Marathon de New York City 🗽 est souvent décrit comme la plus belle course du monde ! ✨ Après avoir vécu cette édition 2023, je peux affirmer que cette expérience a largement dépassé mes attentes. C'était mon troisième marathon, et dès le moment où j'ai franchi la ligne de départ sur le Pont Verrazano-Narrows 🌉, j'ai su que cette aventure serait différente. 51 000 coureurs, 3 millions de spectateurs dans les rues de New York. La ville qui ne dort jamais, offre un décor incroyable 😍 pour une course qui se distingue par son atmosphère de dingue 🌃.

Cet événement fait partie des World Marathon Majors (WMM) 🏆, une compétition internationale regroupant les courses majeures annuelles de 42,195 km. L’organisation est vraiment au top 🙌 avec énormément de sponsors et d'animations autour de l'événement 🥳. La ville vibre au rythme de la course à pied pendant 3 jours ! 🔊 Avec 51 000 coureurs, le Marathon de New York est le plus gros au monde 🌎. Pour cette édition 2023, il y avait 36 000 américains 🇺🇸 et 25 000 étrangers, dont 2 000 français 🇫🇷.

J'ai eu l’opportunité d’avoir un dossard pour cette prestigieuse course en me qualifiant avec un temps de 2 heures 49 minutes et 38 secondes 🕙 sur mon précédent marathon en 2022. Un de mes moments préférés, c'est la semaine avant le marathon. On se sent en forme 💪, on compte les jours 📅, l’excitation monte 🔥. On a donc fait la tournée des restos italiens de la ville pour faire le plein de glucides en préparant les derniers détails.


@Clément Laborieux

🍎 L'arrivée dans la grosse pomme

Arrivé à New York City, je suis directement parti récupérer mon dossard à l’expo. Bien évidemment, en bon client, j’ai acheté la veste New Balance à l’effigie de la course (comme si ce voyage n’était pas déjà assez cher 😅). Le lendemain, j'ai procédé à un shake out run dans Central Park (la classe ultime sur Strava 😏). Cette journée était consacrée à me reposer, observer le plan de la course et visualiser le parcours avec mon entraîneur. Aussi, il y a eu la "phase de préparation" où j'ai choisi ma tenue de course, pour être prêt à fouler le bitume new-yorkais 🎽👟.

L'analyse du parcours m'a appris que ce n’est pas une boucle 🔁, mais une course qu’on appelle point-to-point 📍. Celle-ci fait traverser 5 quartiers mythiques de New-York : Staten Island, Brooklyn 🎷, Queens, Bronx et Manhattan 🛍️. Cette course est connue pour être très difficile avec un dénivelé de 250 m ☝️. C’est un marathon loin d’être roulant avec quelques difficultés majeures qu’il faut anticiper avec intelligence pour éviter un calvaire dans Central Park à la fin 🎬.

Le plan était le suivant : un départ lent 🐢 sur le pont, la première grosse étape. Atteindre ensuite l’allure cible de 3’50min/km dans Brooklyn (du km 2 au km 20) et passer la moitié en 1 heure et 21 minutes dans le Queens 👑, avant de ralentir sur le pont de Queensboro. Ensuite, reprendre mon allure de course sur la Première Avenue 👆 (du km 26 au km 33), avant de sortir du Bronx avec encore de l’énergie 🔋 pour finir fort sur la 5ème Avenue et affronter les côtes de Central Park 🌳. "Arriverai-je enfin à réaliser un negative split ?" Spoiler : non. 


@Clément Laborieux

📅 Le jour de la course

Le dimanche matin, direction les ferries ⛴️ de l'organisation pour rejoindre la ligne de départ à Staten Island. Après une courte nuit de sommeil, je suis arrivé sur place à 5h40 avant d'embarquer à 6h. Aucun souci, c’était fluide. J'avais apporté un survêtement en plus de ma tenue de course pour me maintenir au chaud 🌞. Il faisait 8 degrés, la température était parfaite 🤌. Le jour s'est levé 🌅 pendant le trajet sur le bateau. Une fois arrivé à Staten Island, l'excitation s'est vraiment fait sentir ! Mais une petite mésaventure nous attendait... Parmi les 500 bus 🚌 à notre disposition, il a fallu que je choisisse celui avec LE chauffeur qui ne savait pas où il allait 🥲. On s’est perdu dans Staten Island et la panique a un peu gagné tous les coureurs à bord du bus 😬. L'idée de rater le départ ou de devoir courir 5 kilomètres pour rejoindre la ligne de départ nous a effleurée l’esprit. Mais heureusement, un coureur local 🦸🏼‍♂️ dans le bus a pu guider le chauffeur jusqu'au village du départ, bien que le trajet ait pris le double du temps prévu.

Finalement, nous sommes arrivés au village vers 7h40 et mon départ était prévu à 9h10 😌. J'en ai profité pour manger un bout de bagel 🥯 et boire une boisson énergétique ⚡, afin d'assurer un bon apport d’énergie pour le début de course 🔋. Le village de départ était une véritable ruche 🐝. L'organisation était impeccable 👌. Mais pour moi qui aime être dans ma bulle 🫧 dans ces moments-là, il était impossible de me concentrer dans cette foule. Les gens faisaient la queue pour des cafés ☕, des bagels, et même pour caresser des chiens 🐶, simplement dans le but d'apaiser leur anxiété. À ce moment-là, j'entrevois le charme typiquement américain qui se mêle à la grandeur de l'événement ✨.

Le moment du départ approche alors ! Je jette mon survêtement dans les conteneurs de dons, finis ma boisson énergétique et je me positionne dans le SAS de départ 🚩. J'ai eu un dossard dans le SAS A, ce qui signifiait que je partais avec la première vague 🌊 de coureurs. Le départ a été à la hauteur de toutes les attentes... Le coup de canon, les hélicoptères 🚁 survolant la foule, l'hymne américain 🇺🇸, la chanson de Frank Sinatra 🎶 et le départ des élites sous mes yeux ont créé une ambiance incroyable 🤩. En repensant aux 4 mois d’entraînements intenses derrière moi et en visualisant ce qu'il m'attend, je ne retiens pas mon émotion et lâche une petite larme 💧. Le voyage pour arriver à ce moment avait été épique, mais en vrai, il ne faisait que commencer ! 💨


@MarathonFoto.com

🕺 Showtime : Du kilomètre 0 au kilomètre 21 (Staten Island - Brooklyn)

J’ai parfaitement géré mon départ sur le pont Verrazzano : une grosse montée 🪜 et un premier kilomètre avalé en 4’13 et déjà 40 mD+. À ce moment-là de la course, ce n’est pas un problème de perdre du temps sur son objectif. C’est important de respecter la distance du marathon et de s’adapter aux difficultés pour ne pas se griller. La première difficulté, qui n’en est pas vraiment une physique, c’est de ne surtout pas s’enflammer 🔥 sur la partie descendante du pont 📉. Le regard tourné vers les gratte-ciel 🏙️ de Manhattan qui se dessinent à l'horizon 👀, avec des jambes fraîches, on a tendance à vouloir rattraper le retard du premier kilomètre. Ce n'est pas une bonne idée 🙅‍♂️, car le risque est de bêtement perdre de l'énergie et de vider les réserves de glycogène musculaire très tôt dans la course. Il faut donc maintenir une allure en aisance 😮‍💨 durant la descente du pont, ce que j'ai bien fait en 3’47/km.

Les rues de Brooklyn étaient bordées de spectateurs qui nous encourageaient 📣 sans relâche. Les groupes de musique 🎸, les fanfares 🥁 et même les danseurs de salsa 🕺 rythmaient notre progression. C’est le quartier dans lequel j'ai passé le plus du temps, du kilomètre 2 au kilomètre 21 ⌛︎. Immédiatement, je me suis senti porté par l'enthousiasme des New-Yorkais 😁. Chaque nouvelle rue traversée apportait une nouvelle ambiance musique 🎶 et une nouvelle énergie 🥰. Honnêtement, c’était un sentiment incroyable ! Jamais je n'avais jamais vu autant de supporters autour d’un marathon ! 🙌 J'ai donc traversé les 20 kilomètres avec une allure régulière 👍 (autour de 3’49) et avec un cardio plutôt correct (aux alentours de 170BPM) ♥️. Toutefois, je sentais que je n’avais pas des bonnes jambes et que mes gels passaient vraiment mal 🥺.


@CJ_Garcia

🥲 Début des ennuis : Passage dans le Queens, Queensboro Bridge et 1st Avenue

Arrivé dans le Queens pour un bref passage, j'ai constaté qu'il y avait toujours autant de monde et de bruit sur les côtés 🥳 . Mais le moment redouté allait arriver : le pont de Queensboro 🌁 et sa (très) longue montée de 2 km et 40 mD+. J'ai négocié ce passage en ralentissant. Dommage, mais je n'avais pas d’autres choix que d’accepter de perdre du temps ⏱️. La vue était juste dingue 🤩. À ce moment là, j’ai toujours du mal à croire que je suis à New York 🍏 en train de courir le marathon... Mais là, c’est le drame 💥.

Juste après le pont, une douleur aiguë au ventre me frappe de plein fouet 💢, une sorte de crampe d’estomac. La douleur arrive alors que j’attaquais la portion de la Première Avenue, elle ne passe pas et elle me fait perdre du temps. C'était un moment de doute intense... Je voyais des dizaines de coureurs me doubler et mes objectifs s’envoler, alors qu'on n'était qu'au kilomètre 28 😣. Après 4 kilomètres, la douleur ne passe toujours pas et m'oblige à ralentir le rythme en 4'20. Mais l'abandon n'était pas une option. C’est à ce moment-là que j'ai vu ma conjointe, Olivia, venue m’encourager 🫶. Ce moment réconfortant 🩹 m'a permis de continuer à avancer, malgré la douleur qui me tiraillait. Puis, finalement, miracle 🌅 : le mal a fini par partir au kilomètre 33. Dans ma tête, c’était la folie 🤪. La douleur avait été tellement forte, que maintenant qu’elle n’était plus là, je me sentais inarrêtable 🚀.

@justinmanabat

🏆️ Le finish : du kilomètre 33 au kilomètre 42

Croiser mes amis canadiens 🇨🇦 , venus m'encourager au kilomètre 33, m'a boosté comme jamais 🧃. Je suis sorti du Bronx et j'ai retrouvé mon rythme de 3’50 sur la 5ème Avenue ✋, et ce, malgré une longue côte qui est l’une des plus grosses difficultés du parcours. C'est avec un grand sourire aux lèvres 😄 que j'ai doublé une trentaine de coureurs sur cette portion. Je me sentais hyper puissant 🤾‍♀️. À partir de là, je n’ai plus regardé ma montre ⌚️. J'ai retrouvé mon rythme, je courrais aux sensations, sachant que ma préparation avait été solide : 100 km par semaine pendant 4 mois. Je me remémorais toutes mes longues sorties et me disais que, finalement, ce n'était "qu'une sortie longue de plus" 😌. Le Bronx défilait sous mes pieds et je me sentais de plus en plus fort 👊.

J'ai continué à doubler de nombreux coureurs, gagnant en confiance à chaque foulée. J’ai avalé le kilomètre 37 en 3’42 🫃. La foule, toujours aussi enthousiaste, me portait vers la ligne d'arrivée 🏁. À ce moment-là, j’étais dans un état second 🙄, porté par une euphorie et un sentiment de plénitude 🙃. J'ai retrouvé Olivia, venue m’encourager, au kilomètre 38. Cette fois, elle m'a vu dans un meilleur état. C’est fou de se dire que 10 kilomètres plus tôt, elle me voyait sombrer dans les ténèbres 🌑. Clairement, c’était le jour et la nuit ! 😂

J’étais dans ma bulle, le sourire aux lèvres, en train de faire ce qui me passionne le plus, dans l’une des villes les plus mythiques du monde 🌎. Les rues de Manhattan ont défilé sous mes yeux, et une fois dans Central Park 🌳, j'ai senti que la ligne d'arrivée était à portée de main 🤝. Je boucle le kilomètre 41 en 3’43 🐇. Bien que le chrono final ne soit pas celui espéré, je n’aurais pas pu imaginer un meilleur scénario pour cette course. Le marathon est la plus belle des distances car elle est imprévisible et amène toujours son lot de surprises. J'ai puisé au plus profond de mes réserves, repoussant mes limites et je franchis finalement la ligne d'arrivée en 2 heures 45 minutes et 54 secondes 🎉 - un chrono dont je suis extrêmement fier. Le Marathon de New York City 2023 a été une épopée inoubliable, une aventure qui m'a permis de découvrir la force qui réside en moi. À travers la douleur, le doute et la souffrance, j'ai trouvé la détermination nécessaire pour réussir 💪. C'est ma plus grande performance de course à pied. Je suis sorti de cette course grandi et comblé, convaincu que le Marathon de New York City 🌃 est véritablement la course la plus belle du monde ❤️.

Classement général : 326ème / 51 338 🗺️

Classement français : 8ème / 2 075 🇫🇷

@MarathonFoto.com

@Clément Laborieux

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