Publié le mer. 1 décembre 2021 par Kavval
Kavval

Alain Mimoun, l'indétrÎnable

Le 1er dĂ©cembre 1956, Alain Mimoun se couvrait d’or olympique en remportant le Marathon aux Jeux Olympiques de Melbourne, en 2 heures et 25 minutes, devant la lĂ©gende Emil Zatopek, son ami, son plus fidĂšle adversaire... Plus de 60 ans aprĂšs, il est parfois encore considĂ©rĂ© comme LE sportif français du 20Ăšme siĂšcle.

Un palmarĂšs Ă©ternel

C’est littĂ©ralement un dĂ©luge de titres et d’honneurs qui pleut lorsque l'on Ă©voque Alain Mimoun : Ă©lu Champion des Champions par le journal L’Équipe en 1949 et 1956, Champion des Champions de LĂ©gende (L’Équipe, 2012), athlĂšte français du siĂšcle (revue AthlĂ©tisme, 1999), quatre LĂ©gions d’Honneur dĂ©cernĂ©es par quatre prĂ©sidents diffĂ©rents (RenĂ© Coty en 1956, Georges Pompidou en 1972, Jacques Chirac en 1999, Nicolas Sarkozy en 2008)... 🎖

Son histoire sportive aurait pourtant pu ne jamais ĂȘtre Ă©crite lorsqu'on sait que le natif de MaĂŻder en AlgĂ©rie a failli perdre une jambe en 1944, en dĂ©fendant la France lors de la campagne d’Italie 🇼đŸ‡č... OpĂ©rĂ© Ă  Naples, il reprend aprĂšs la seconde guerre mondiale le fil de sa carriĂšre sportive, dĂ©butĂ©e en 1940 Ă  Bourg-en-Bresse alors qu’il avait 19 ans đŸƒâ€â™‚ïž. TrĂšs vite, il Ă©crase la concurrence avec le club du Racing Club de France au sein duquel il signa en 1946. DĂšs l’annĂ©e suivante, il est titrĂ© Champion de France sur le 5 000 mĂštres et 10 000 mĂštres ... 🏆

(CrĂ©dit : La DĂ©pĂȘche / Alain Mimoun avec sa mĂ©daille d'or olympique, la veille de ses 90 ans en 2010)

Un duel de légendes

C'est alors une avalanche de titres qui va s'en suivre, et attention ça brĂ»le les yeux : 7 fois champion de France du 5 000 mĂštres, 9 fois champion de France du 10 000 mĂštres, 5 fois champion de France de Cross Country đŸ˜±. Au total, l’athlĂšte au grand cƓur rĂ©colte pas moins de 32 titres nationaux entre 1947 et 1956... Mimoun adore la France, la France adore Mimoun. Il devient incontournable. “Allez Mimoun” rentre dans le langage commun quand on encourage les enfants... Alors qu’il domine la concurrence sur le territoire national, Alain Mimoun tombe sur un os nommĂ© Zatopek lors des compĂ©titions internationales. Et ces deux-lĂ  vont se tirer la bourre pendant plusieurs annĂ©es. MalgrĂ© la concurrence, ils deviennent rapidement amis, un grand respect s'instaurant entre les deux hommes rĂ©putĂ©s pour leur courage et leur abnĂ©gation đŸ€. Aux JO de Londres (1948) et aux JO d’Helsinki (1954), le français doit se “contenter” de trois mĂ©dailles d’argent, toujours derriĂšre celui que l’on surnomme la “locomotive tchĂšque” ! Emil Zatopek est un immense champion, pour certains le plus grand coureur de tous les temps... đŸ’Ș

(Crédit : Dinosoria / Le tchÚque Emil Zatopek (à gauche) et Alain Mimoun (à droite) aprÚs la finale du 5 000 m des Jeux Olympiques d'Helsinki (Finlande) en 1952)

La consécration australienne

Pourtant, aux Jeux Olympiques de Melbourne 1956, Alain Mimoun y croit, comme toujours. Son meilleur ennemi n’est pas dans la forme de sa vie, opĂ©rĂ© d’une hernie un mois auparavant đŸ€•. Lui est affutĂ© comme jamais, portĂ© par la naissance de sa fille Olympe le jour prĂ©cĂ©dent... Chose incroyable, ce marathon est le premier disputĂ© par Mimoun dans sa carriĂšre, lui qui Ă©tait plutĂŽt un spĂ©cialiste du 5 km et 10 km ! Ainsi, le 1er dĂ©cembre Ă  15h13, le numĂ©ro 13 s’élance pour les 42,195 km du marathon, sous une chaleur Ă©crasante đŸ„”. À la moitiĂ© du parcours, il se retrouve seul en tĂȘte et ne lĂąchera plus les commandes de la course. Zatopek est distancĂ©. L’émotion est immense quand il pĂ©nĂštre Ă  17h37 dans le stade olympique de Melbourne, oĂč 120 000 spectateurs attendent le vainqueur 🏟! Alain Mimoun se drape enfin d’or olympique đŸ„‡.

(Crédit : Sports.fr / Mimoun célébrant son titre de champion olympique à Melbourne en 1956)

Zatopek, qui termine ce jour-lĂ  sixiĂšme, est heureux pour son ami quand il apprend sa victoire. La lĂ©gende est nĂ©e et elle est toujours vivante malgrĂ© son dĂ©cĂšs le 27 juin 2013, Ă  l’ñge de 92 ans. Aujourd’hui, plus de 50 stades portent le nom de cet immense champion partout en France. Mais au-delĂ  des plaques et des commĂ©morations, c’est sa gĂ©nĂ©rositĂ© devant l’effort et ses valeurs qu’il faut continuer Ă  faire vivre. 🙏

En Australie, quarante aprĂšs les Jeux Olympiques de Melbourne, j'ai Ă©tĂ© reçu comme un chef d'État. On m'a mĂȘme proposĂ© le passeport australien.

Peut-ĂȘtre qu’un jour l’impensable se produira : qu’Alain Mimoun ait un hĂ©ritier...

Charles-Emmanuel Pean

Sources

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Mimoun

https://www.cairn.info

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